Et si les contes étaient une porte vers l'invisible ?
- Mathieu Joyeux
- 26 août
- 3 min de lecture
Nous avons aujourd'hui accès à une quantité presque infinie d'informations.
Nous pouvons chercher une réponse en quelques secondes.
Apprendre.
Comparer.
Comprendre.
Expliquer.
Et pourtant, nous continuons à raconter des histoires.
Depuis des milliers d'années, les êtres humains transmettent leur vision du monde à travers des mythes, des légendes, des contes et des récits.
Pourquoi ?
Peut-être parce qu'une histoire ne cherche pas nécessairement à nous donner une réponse.
Elle peut nous permettre de rencontrer une question.
Une histoire ne dit pas toujours ce qu'il faut penser
Lorsque nous lisons un conte, nous pouvons y reconnaître quelque chose de nous-mêmes.
Un personnage.
Une peur.
Un choix.
Une rencontre.
Une transformation.
Deux personnes peuvent lire exactement la même histoire et en retirer deux expériences complètement différentes.
C'est peut-être l'une des forces particulières du conte : il laisse de la place à celui qui le lit.
Il ne ferme pas nécessairement le sens.
Il l'ouvre.
Et si certaines histoires venaient d'un autre endroit ?
C'est ici que mon propre chemin d'écriture devient plus singulier.
Depuis plusieurs années, j'expérimente une forme de canalisation dans laquelle certaines histoires me viennent sans que j'en connaisse toujours à l'avance le déroulement.
Je les accueille.
Je les écris.
Je les laisse mûrir.
Puis je reviens dessus.
C'est ainsi que sont progressivement apparus 27 contes que j'ai réunis dans Contes médiumniques pour se reconnecter à son âme.
Je les qualifie de médiumniques parce qu'ils sont issus de cette démarche particulière de réception.
Je sais que le mot peut interpeller.
Certains y verront une expérience spirituelle.
D'autres seront plus sceptiques.
D'autres encore pourront considérer ces histoires comme une forme de langage symbolique permettant d'explorer notre monde intérieur.
Je ne cherche pas à décider à la place du lecteur.
Je préfère lui laisser la liberté de ressentir ce qui se passe pour lui.
Les Éveilleurs
Au fil de cette expérience, une présence s'est également dessinée dans les contes.
Je les appelle les Éveilleurs.
Ce nom n'est pas anodin.
Il évoque pour moi quelque chose qui ne cherche pas à nous imposer une vérité, mais plutôt à nous rappeler ce que nous avons parfois cessé d'écouter.
Notre intuition.
Notre sensibilité.
Notre capacité à regarder autrement.
Notre lien avec le vivant.
Notre propre chemin.
Qui sont-ils réellement ?
Je laisse chacun se faire son idée.
Et prochainement, je leur laisserai également la parole afin qu'ils puissent se présenter eux-mêmes.
Pourquoi l'invisible nous attire-t-il autant ?
Peut-être parce que nous savons intuitivement que tout ce qui compte n'est pas immédiatement visible.
Nous ne voyons pas une pensée.
Nous ne voyons pas une émotion.
Nous ne voyons pas directement l'amour, la confiance ou l'intuition.
Et pourtant, ces réalités peuvent profondément orienter notre existence.
Le vivant lui-même nous rappelle constamment cette part invisible.
Sous la terre, les racines travaillent.
Dans une graine, quelque chose attend.
Dans une forêt, d'innombrables échanges ont lieu sans que nous les percevions.
L'invisible n'est pas nécessairement l'irréel.
Il peut simplement désigner ce que nos yeux ne savent pas encore voir.
Le rôle de l'histoire
C'est peut-être pour cela que je crois autant au pouvoir des contes.
Ils peuvent créer un espace intermédiaire entre ce que nous savons et ce que nous ressentons.
Entre le conscient et ce qui cherche encore à émerger.
Entre notre histoire personnelle et quelque chose de plus vaste.
Une histoire peut parfois nous accompagner sans que nous sachions immédiatement pourquoi.
Puis, des semaines ou des années plus tard, une phrase revient.
Une image prend soudain un autre sens.
Quelque chose se remet en mouvement.
Peut-être est-ce cela, finalement, qu'une histoire peut faire :
elle ne nous donne pas nécessairement une réponse. Elle nous aide à entendre une question que nous étions prêts à nous poser.
Et si nous n'avions pas besoin de tout comprendre ?
Nous vivons dans une époque qui nous pousse à expliquer.
À nommer.
À catégoriser.
À démontrer.
Mais certaines expériences peuvent aussi être simplement accueillies.
Avec curiosité.
Avec discernement.
Avec ouverture.
Sans obligation de croire.
Sans obligation de rejeter.
Juste avec cette question :
« Qu'est-ce que cela vient réveiller en moi ? »
C'est peut-être finalement la question qui se trouve au cœur de mes 27 contes.
Et peut-être que chacun y trouvera quelque chose de différent.
Contes médiumniques pour se reconnecter à son âme est actuellement en prévente.





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