Comment exercer un rôle sans perdre son axe ?
- Mathieu Joyeux
- 28 juil.
- 2 min de lecture
Nous passons une grande partie de notre vie à exercer des rôles.
Au fil d'une même journée, nous pouvons être manager, collaborateur, parent, entrepreneur, collègue, ami ou encore accompagnant.
Ces rôles sont utiles. Ils facilitent les relations et permettent à chacun de trouver sa place dans une organisation ou dans une famille.
Pourtant, une question me semble essentielle.
Que se passe-t-il lorsque le rôle finit par prendre toute la place ?
J'ai longtemps travaillé dans des métiers où la relation avec les autres occupait une place centrale.
Comme beaucoup de professionnels du service, j'ai appris à sourire lorsque j'étais fatigué, à rester disponible lorsque je ne l'étais plus vraiment, à répondre aux attentes avant d'écouter parfois mes propres besoins.
Cette capacité d'adaptation est précieuse.
Mais, si elle devient permanente, elle peut nous éloigner progressivement de notre axe.
Nous finissons alors par confondre notre fonction avec notre identité.
Or, le vivant nous montre une réalité très différente.
Un arbre ne change pas d'essence selon la saison.
Il s'adapte.
Il perd ses feuilles.
Il ralentit.
Il fleurit.
Mais il demeure profondément lui-même.
C'est peut-être cela que nous avons à réapprendre dans notre manière de travailler.
Habiter pleinement notre rôle, sans jamais nous y enfermer.
Le management, l'entrepreneuriat ou toute autre responsabilité ne devraient pas nous demander de devenir quelqu'un d'autre.
Ils devraient simplement nous inviter à mettre nos qualités au service d'un collectif.
Car une organisation ne devient réellement vivante que lorsque les personnes qui la composent restent vivantes elles aussi.
À force de vouloir correspondre à une image du bon manager, du bon dirigeant ou du bon professionnel, nous risquons parfois d'oublier ce qui fait notre singularité.
Et c'est précisément cette singularité qui constitue souvent notre plus grande contribution.
Le vivant ne nous enseigne pas la perfection.
Il nous enseigne la cohérence.
Être profondément enraciné tout en restant capable de s'adapter.
Conserver son axe sans refuser le mouvement.
C'est peut-être là que réside le véritable équilibre.
Et si le défi n'était plus d'exercer parfaitement un rôle...
Mais de l'habiter sans jamais perdre celui que nous sommes ?
Et vous ?
Avez-vous déjà eu le sentiment qu'un rôle prenait tellement de place qu'il devenait difficile de rester pleinement vous-même ?
Je serais heureux de lire vos réflexions en commentaire.





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