La lavande n'attire pas les abeilles, elle fleurit
- Mathieu Joyeux
- il y a 19 heures
- 2 min de lecture
Ces derniers jours, en observant les lavandes du jardin, une réflexion s'est imposée à moi.
Leurs fleurs commencent à s'ouvrir pleinement. Tout autour d'elles, les abeilles, les bourdons et de nombreux insectes s'activent dans un ballet incessant. Le jardin bourdonne de vie.
Et pourtant, la lavande ne cherche personne.
Elle ne court pas après les abeilles.
Elle ne tente pas de les convaincre.
Elle ne s'interroge pas sur le nombre de visiteurs qu'elle recevra aujourd'hui.
Elle fleurit simplement.
Et c'est précisément parce qu'elle fleurit que les rencontres deviennent possibles.
Cette observation, pourtant très simple, m'a profondément touché.
Combien de temps passons-nous à poursuivre ce que nous désirons ?
Une relation.
Une opportunité.
Une reconnaissance.
Un projet.
Une réussite.
Nous avons parfois l'impression que notre bonheur dépend de notre capacité à courir toujours plus vite après ce qui nous manque.
Pourtant, le vivant semble nous enseigner autre chose.
La fleur ne poursuit pas l'abeille.
L'arbre ne poursuit pas les oiseaux.
La rivière ne poursuit pas les voyageurs.
Ils deviennent pleinement ce qu'ils sont.
Et la vie vient naturellement à leur rencontre.
Pendant longtemps, j'ai moi aussi beaucoup cherché.
Cherché à comprendre.
Cherché ma place.
Cherché la bonne direction.
Cherché parfois l'approbation ou la reconnaissance.
Aujourd'hui, quelque chose a changé.
Je ne dirais pas que toutes les réponses sont là.
Je ne dirais pas non plus que tous les projets sont accomplis.
Mais je ressens profondément que je suis à ma place.
Je construis un livre qui me ressemble.
Je développe des accompagnements qui ont du sens pour moi.
Je passe du temps dans le jardin.
J'écris.
Je crée.
Je transmets.
Je vis davantage à partir de ce que je suis.
Et paradoxalement, c'est à ce moment-là que certaines choses semblent commencer à venir à ma rencontre.
Comme si la vie répondait davantage lorsque nous cessons de nous éloigner de nous-mêmes.
Cette réflexion m'a également rappelé une autre image.
Pour qu'une graine puisse germer, encore faut-il qu'une terre favorable l'accueille.
Nous ne pouvons pas forcer le vent à apporter la graine.
Mais nous pouvons préparer la terre.
L'enrichir.
L'entretenir.
La rendre vivante.
Puis faire confiance.
Je crois qu'il en va de même pour beaucoup de choses dans notre existence.
L'amour.
Les projets.
Les rencontres.
Les opportunités.
Nous ne contrôlons pas toujours leur arrivée.
Mais nous pouvons devenir un terrain propice à leur épanouissement.
Au fond, peut-être que la véritable question n'est pas :
« Comment attirer ce que je désire ? »
Mais plutôt :
« Comment puis-je fleurir pleinement ce que je suis ? »
Les lavandes du jardin semblent avoir déjà trouvé leur réponse.
Et lorsque j'observe les abeilles danser autour de leurs fleurs, je me dis que le vivant est décidément un merveilleux professeur.
Peut-être nous rappelle-t-il simplement que certaines des plus belles rencontres naissent lorsque nous cessons de courir après elles et que nous choisissons enfin d'être pleinement nous-mêmes.





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